Le lundi 09 mars 2020, le Congrès du Parlement ivoirien a adopté la prise en considération du projet de la loi portant Révision Constitutionnelle avec 225 pour, 83 voix contre et 4 abstentions. En effet, les députés et sénateurs ont autorisé la révision constitutionnelle proposée par le Président de la République.

Cette révision de la Constitution est normale. En réalité, la Constitution elle-même contient les règles de sa révision. C’est le lieu de rappeler l’article 177 de la Loi fondamentale en ces termes :

L'initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République et aux membres du Parlement. […] Toutefois, le projet ou la proposition de révision n’est pas présenté́ au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement. Dans ce cas, le projet ou la proposition de révision n’est adopté que s’il réunit la majorité des deux tiers des membres du Congrès effectivement en fonction. 

De ce fait, cette action est légale et conforme aux lois ivoiriennes.

D’autre part, cette révision de la Constitution de la IIIè République  est nécessaire. En fait, touchant les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, la présente révision constitutionnelle est utile et essentielle dans la mesure où elle apporte quelques aménagements techniques à la Constitution de 2016. Primo, la consécration de la nomination du Vice-président de la République vise à renforcer l’efficacité du pouvoir exécutif. Secundo, la continuité parlementaire proposée se veut une mesure de prévoyance en cas d’incapacité d’organiser les élections des députés et des sénateurs aux dates réglementaires. Toute chose qui permettra de donner une légitimité aux représentants du peuple et leur permettre du coup d’exercer leurs missions en toute légalité. Tertio, la disparition de la Cour suprême et l’érection de la Cour de Cassation, le Conseil d’État, la Cour des Comptes en tant que Institutions juridictionnelles autonomes favorisent la clarté dans le fonctionnement judiciaire ivoirien.

En somme, le projet de révision constitutionnelle qu’a soumis le Président de la République aux parlementaires est fondé au droit et à la raison.